Expérience musicale – Etape 3 : 2026, une année riche en musique !

Cette année 2026 étant déjà bien commencée, je vous propose un petit retour sur les différents projets musicaux qui vont m’animer cette belle année !

1 – Arcama, encore et toujours !

Après avoir présenté notre voyage le 27 janvier dernier autour de Mendelssohn avec l’orchestre des Cybèles que dirige Nicolas Forin, en compagnie des incroyables Emmanuelle Demuyter, Marie Le Normand, Baudoin Aubé et l’exceptionnel (et il l’a été ! ) Jérémy Bertin, nous poursuivons sur Dvoràk et la messe en Ré op.86 . Je maintiens ma présence dans le pupitre de basse en m’essayant à la basse 2 avec de jolis Sol2 Fa2 et même Mi2 que propose cette partition tchèque.
Je ne suis pas certain de tout de suite arriver à produire des sons résonnants de qualité, mais mes observations et mon expérience au cabinet dans l’accompagnement ostéopathique des chanteurs et notamment de basses du conservatoire et de l’opéra de Lyon m’ont donné de solides outils pour orienter mon travail.

J’affectionne tout particulièrement le nouveau format que j’ai donné à ces consultations, id est une heure et demie de séance qui permettent de comprendre au mieux le parcours du chanteur, ses sensations et difficultés, comment nous pouvons les moduler ensemble puis préciser l’approche afin de proposer une prise en charge en thérapie manuelle qui complémente d’autres rééducations.

2 – Des horizons stéphanois

Dans le cadre du Festival Passion Baroque en Loire que dirige Philippe Péatier, nous présenterons le 21 avril 2026 l’opéra Fairy Queen de Purcell, dans une mise en scène proposée par Bernard Rozet, professeur au CNSMD de Lyon.
Cette expérience scénique vient renforcer mes capacités à me projeter dans les contraintes que peuvent vivre les chanteurs lors des représentations.

Se mettre en scène oblige en effet à tenir certaines positions qui peuvent changer la façon dont le son est émis, au niveau de sa résonnance et de sa modulation : la colonne d’air peut être contrainte, l’appareil laryngé soumis à des tensions ou encore limiter les soutiens du diaphragme permettant de projeter sa voix.
Pour exemple, notre mise en scène implique une partie assise à terre qui _au-delà du défi technique de se relever pour certains choristes vieillissant_ a pu entrainer une limitation du souffle. Nous avons pu mettre en place avec ces choristes un stratagème (volontaire ou non) observé lors d’un récital du CNSM à l’opéra, où l’excellent chanteur usait d’une légère contre-rotation des ceintures pour projeter sa voix. Celle-ci, couplée à un auto-grandissement du tronc a permis de consolider le soutien vocal en sollicitant davantage les muscles obliques et transverses de la ceinture abdominale.

3 – Les choeurs de l’UCLy

Découverts lors du festival des choeurs de Fourvière édition 2025, auquel j’avais participé avec Arcama (à retrouver ici) j’ai rejoint les Choeurs de l’UcLy que dirigent Pascal Laumbou et Laudine Bignonet. Centrés sur la qualité du son, ils nous font expérimenter le ressenti corporel en plus de nous partager avec abondance et passion de nombreux conseils de technique vocale pour permettre d’obtenir le meilleur son de nous choristes.

Ce vécu vocal me permet d’intégrer quelles zones anatomiques pourraient être limitantes au chanteur pour ensuite investiguer en séance ces régions lors des consultations ostéopathiques des chanteurs.

Après avoir partagé le pupitre de basse dans un premier programme, autour des oeuvres du Tsunami Requiem de Chris Williams, de la Cantate de Noel de Daniel Pinkham, Ave Verum de Franz Liszt, je viens cette année en renfort du pupitre ténor dans le but d’expérimenter les contraintes du travail vocal dans les tessitures hautes. J’évoluerai dans ce nouveau pupitre dans la messe en Sol Majeur de Schubert.

4 – Choeur lyrique a cappella

Je poursuis ce travail dans la tessiture ténor sous la baguette de Antonio Uras au sein d’un petit choeur exigeant et à l’effectif réduit qui est guidé par l’envie de chanter ensemble de la belle musique.
Ce format réduit à 2 ou 3 par pupitres est un véritable challenge personnel car il limite les approximations que pourraient gommer la multiplicité des voix présentes dans un même pupitre [surtout aux vues de l’excellent niveau de mes co-chanteurs qui ont pour la plupart évolués en maitrise voire en conservatoire]. De plus, l’écrin que nous offre l’église Notre-Dame Saint-Louis à Lyon 7e dans lequel nous avons la chance de répéter souligne les harmonies que proposent la richesse des superbes partitions exploitées, mais n’excuse aucune dissonance !
Nous chantons ce semestre différents Lieder de Brahms, nous abordons deux oeuvres majeures de la Renaîssance, le De Profundis Clamavi de Des Près et le Cantantibus Organis de Paslestrina, des oeuvres plus contemporaines telles le Song for Athens de Taverner et le Nunc Dimittis d’Arvo Pärt, ainsi que deux bijoux russes que sont Of the Mystical Supper de Lvov et l’Hymne des Chérubins de Tchaïkovsky.

5 – En prime

Une belle année musicalement très riche que je complète par une formation à Paris avec Jean-François Chatelais sur l’articulation temporo mandibulaire, la posture linguale et la déglutition en juin prochain.
https://www.reflexosteo.com/formations/atm-posture-linguale-et-deglutition-3

Analyse Opéra Orphée et Eurydice 16.11.2024
Après une semaine plus que chargée entre répétitions et consultations, découverte des lieux et finalisations de la mise en scène, le retour du froid et deux jours à se remettre de tout cela, vient le moment des bilans.

 teaser du spectacle

  Tout d’abord des chiffres :

  • 60 choristes costumés avec mise en scène et lumière qui ont fait vibrer le Grand Temple de Lyon ;
  • 30 musiciens avec harpe, timbales et la mélodieuse flûtiste Mélissandre Varaniac-Quard qui nous a charmé (les démons comme les spectateurs) de son magnifique solo lors du ballet des ombres heureuses [musicienne à suivre j’en suis certain] ;
  • 3 solistes qui ont été resplendissantes d’un point de vue vocal tout comme l’alchimie qui les animait avec une mention spéciale pour Ariane Le-Fournis dont les retours ont salué son « Orphée » de manière unanime ;
  • 1 danseuse qui nous a charmé et envoûté de ses talents durant les trois ballets qui sont la structure d’équilibre de cette œuvre ;

 Donc près d’une centaine d’artistes amateurs et professionnels qui se sont retrouvés autour d’un projet commun : Orphée et Eurydice de Gluck présenté au Grand Temple de Lyon le 16 novembre 2024.

Grand Temple de Lyon illuminé de mille feux lors du rappel « L’Amour Triomphe »

 Un lieu magnifique où les spectateurs ont loué les propriétés acoustiques de la salle {même si l’on notera un petit étouffement des sons pour ceux présents trop reculés en-dessous du balcon}, mis vraiment en beauté par Hervé Cottin pour les lumières.

 Des applaudissements molto vivace bien mérités qui sont allés jusqu’au bis {L’amour triomphe}.

De gauche à droite Marie Petit Despierres, Ariane Le-Fournis, Philippe Péatier, Louise Bourgeat Roulleau, Alina Noir, Nicolas Forin (chef orchestre des Cybèles)

 Que retenir ?

 Une expérience tant humaine, personnelle que professionnelle vraiment géniale qui donne clairement envie d’être renouvelée pour ma part !

 D’un point de vue ostéopathique :

  • Impact de la posture sur le chant : initialement, les choristes se devaient être en chaussettes durant la représentation. Après deux soirs de répétition et un joli affaissement de mes voûtes plantaires, impossible d’utiliser correctement ma colonne d’air et de placer correctement ma voix. Retour aux chaussures pour le concert à l’instar de pas mal de mes camarades.

     Au cabinet, nous regardons les différentes entrées posturales (yeux, bouche, langue, [oreille interne dans une moindre mesure] et surtout pieds) afin de prévenir cette situation. Si le déficit ne peut être réglé et est le résultat d’une compensation d’un déficit d’une de ces entrées, une réorientation vers un confrère podologue, orthoptiste, orthophoniste, dentiste ou kiné (vestibulaire notamment) pourra être nécessaire afin de stabiliser le patient.
  • Impact de la mise en scène sur le chant : nous ne reviendrons pas sur la posture ou sur la densité de mise en scène face au chant. Parlons plutôt de dissymétries liée à cette dernière comme lever la main, les torsions du tronc ou de la tête et leur impact sur le chant. En effet, tout mouvement, notamment de la ceinture scapulaire, c’est-à-dire des épaules, des cervicales et de tous les tissus qui les relient [muscles, loge viscérale du cou, etc.. ] vont mettre en tension ces dits tissus. De ce fait, toute tension excessive dans ceux-ci risque de se répercuter et de perturber sur le chant. C’est pour cela que l’on voit beaucoup de chanteurs mettre la main sur leur gorge pour tester et ressentir quel muscle il faudra contracter ou relâcher afin de modifier la couleur finale de la voix.

     Au cabinet, nous essayons de comprendre quelles structures vous protègent le plus en cherchant celles qui ont le plus de tension et vous limitent dans vos fonctions _ vocales et respiratoires pour les chanteurs_ et dans les mouvements majeurs _ pour tout le monde 😉 .

Les points d’amélioration :

(parce que l’on peut toujours faire mieux !)

 Plusieurs retours m’ont été fait sur le problème de compréhension des textes. En évitant de blâmer trop vite un public non habitué à du chant choral, les masques et un potentiel manque de confiance face à une salle si remplie ont largement participé à un manque d’articulation de notre part les choristes. A surveiller !

Enfonçons les évidences : un opéra c’est complet et cela requiert énormément de travail et d’investissement ? Bon, on le savait, mais l’expérimenter est une sacrée aventure ! Surtout avec les moyens restreints d’une association telle que la nôtre et les (très) nombreux imprévus ayant jalonné la création de cette représentation. Je pense qu’après avoir découvert toutes les étapes de la production d’un tel projet, le point d’amélioration principal réside dans une meilleure structuration de notre organisation. Cela permettrait de soulager certain.e.s qui se sont énormément investis et de préparer au mieux les dernières étapes.

Pour conclure

 Une expérience forte que je renouvellerai bien volontiers à l’orée de ces analyses et une sacrée opportunité pour aider d’autant plus mes patients pour accomplir leurs objectifs artistiques personnels ou professionnels !



vous pouvez retrouver le détail du concert dans la première partie de ce blog :
https://www.quentinducerfosteopathe.fr/2024/10/21/opera-orphee-et-eurydice-grand-temple-lyon-16-novembre-2024/

Votre voix m’intéresse ! Parlons en ensemble au cabinet !

Prendre rdv

Expérimentation vocale – Etape 2 : Opéra Orphée et Eurydice

 Après avoir présenté Mozart à l’abbaye d’Ainay (69) et à l’église Saint François de Sales (69) avec Haydn, le chœur ARACAMA CNRS s’est mis en chantier pour présenter son nouveau projet : Orphée et Eurydice dans sa version de Glück.   

résumé du mythe d’Orphée par la Philharmonie de Paris

Evoluant toujours en qualité de basse au sein de l’ensemble, ce nouveau projet me rapproche encore davantage de l’accompagnement en ostéopathie au cabinet des chanteurs lyriques.
 En effet, déjà averti en qualité de spectateur de l’équilibre difficile entre la mise en scène et l’expression vocale des chanteurs qui peut être bridé par cette première, j’ai pu moi-même en l’expérimenter au cours des répétitions.  

 Je note l’importance prépondérante de la liberté corporelle, de la fluidité du corps mais pour autant son besoin de tonicité qu’appelle Richard Miller[1] le « soutien » qui lui permet de pleinement produire le son. Si la mise en scène réclame trop au chanteur _ pas assez préparé physiquement ou n’ayant pas une pleine conscience et possession de son corps_ elle limitera l’expression de ses compétences vocales et ce quelque soit ses qualités.

En somme, des tensions qui peuvent être compensées par la technique vocale et l’entrainement vont d’autant plus perturber la production du son ou sa transmission si la mise en scène sollicite trop le chanteur.

Nous aurons la chance d’être accompagnés encore une fois par le talentueux Orchestre des Cybèles dirigé par Nicolas Forin et fondé par Luping Dong, mais surtout des talentueuses Louise Roulleau, Ariane Le-Fourmis et Marie Petit-Despierres pour les trois solistes de l’œuvre, ainsi que de l’artiste-chorégraphe-interprète Alina Noir pour les ballets composant l’œuvre.

Vous pouvez retrouver les informations concernant cet opéra sur le site de la chorale ARCAMA : https://choeurarcama.fr/orphee-et-eurydice/

 Vous pouvez nous retrouver au Grand Temple de Lyon, 3 quai Augagneur à Lyon 3e !

https://www.helloasso.com/associations/arcama/evenements/orphee-et-eurydice

Distribution

Direction : Philippe Péatier

Euridyce : Louise Roulleau

Orphée : Ariane Le-Fournis

Amour : Marie Petit-Despierres

Orchestre des Cybèles

Ballets : Alina Noir

Analyse Opéra Orphée et Eurydice 16.11.2024


[1] « La Structure du Chant » Richard Miller